Design

Outre qu’il s’inscrit dans la tradition et l’identité de la ville de Bordeaux et de son environnement régional et international, c’est également dans un environnement d’expériences et de réalisations liées à l’actualité de l’urbanisme, de la création visuelle, et du design d’objet et d’espace que le projet Design trouve sa justification et son efficacité. A tout ceci, est associé un deuxième volet d’enseignement dédié au design graphique et à l’édition, territoire d’activités qui retrouve à Bordeaux et en Aquitaine d’angles privilégiés.

En effet, l’ambition d’une régénération du tissu socio-urbain de la communauté bordelaise commence à donner ses fruits les plus tangibles dans l’augmentation significative de la population. Pour l’EBABX, ces pratiques supposent une option d’envergure pour affirmer une identité de formation au design le plus contemporain dans le terrain même de sa pratique et son émergence. Cette proximité avec les lieux, les profils, les auteurs et les acteurs suppose également de situer les étudiants au cœur même des réalités socioprofessionnelles. 

La construction du grand projet Euroatlantique qui allie le grand transport et ses plateformes autour de la gare aux secteurs économiques à créer, l’habitat d’une population qui se développe et se renouvelle et la politique en faveur de l’émergence d’un cloister culturel, dont l’École d’enseignement supérieur d’art de Bordeaux (EBABX) s’inscrit,  s’accompagnent d’ une démultiplication de projets urbains dans l’ensemble des villes qui composent la communauté urbaine de Bordeaux. Les problématiques qui se dégagent dans ces réformes sont nombreuses : espace urbain, services et mobilités, objets et espaces (intérieurs et extérieurs) et leurs usages contemporains, identités et partages, cohérence du territoire et articulation des projets, sociabilité et culture, modes de vie urbains, développement durable, économies nouvelles et commerces de proximité, données publiques et leur visualisation… Pour le monde du graphisme et de l’édition, secteur ancré sur une longue tradition qui ne s’est jamais éteinte, la rénovation de l’espace urbain redynamise le secteur et les projets ; les offres et les demandes se développent à l’unisson.

C’est autour de ces sujets et dans ces territoires que l’école d’enseignement supérieur d’art de Bordeaux contribue à la création de solutions possibles pour des modes de vie communs et urbains projetés sur les prochaines 20 ans, et à l’émergence des nouveaux profils de designer. L’enseignement s’adresse à des jeunes qui vont se trouver dans la vie active dans les prochaines années, et qui vont participer au développement économique de Bordeaux et de sa métropole. La construction de partenariats avec l’Ecole d’architecture et paysage de Bordeaux d’une part, avec l’Institut polytechnique de Bordeaux d’autre part, les liens établis par projets avec le Politecnico de Milan mais aussi avec l’EINA (Ecole d’arts graphiques et design de Barcelone) par ailleurs, vont toutes dans le même sens.

 

Objectifs scientifiques

Faire appel à des designers, comprendre la singularité du travail du design, construire des méthodes de partage des pratiques, former des designers au sein d’une école d’enseignement artistique, deviennent des enjeux de plus en plus importants.

Dans ce contexte, l’EBABX a pour mission l’enseignement supérieur artistique des designers dans un cadre international afin d’inscrire de jeunes diplômés dans le circuit professionnel. La conception et l'évolution de cet enseignement (les projets personnels des étudiants qui progressivement en découlent) sont constamment sous tendus par la perspective évolutive d'une inscription sociale et professionnelle, ses diverses modalités et ses métiers actuels, et dans l'invention des métiers à venir. L'École d’enseignement supérieur d’art de Bordeaux se donne pour ambition d'engager ses publics dans l'expérience pratique d'une création qui va se poursuivre tout au long de leur vie professionnelle et personnelle. Elle développe une formation interdisciplinaire riche qui favorise des démarches polyvalentes, conduisant nombre de diplômés à affirmer un projet dans les champs du design, mais aussi à inventer de nouveaux métiers dans les interstices et les espaces des économies urbaines, des industries des objets, de l’édition, de la création graphique et des images.

Il s’agit, par-delà des liens attestés entre les régimes de la production culturelle, de redessiner un travail sur le monde artistique en se rendant attentif aux différentes formes de notre présent, à la jonction des savoirs et des arts. Les relations renouvelées que le design entretient non seulement entre les notions du high art et low art, mais aussi avec les industries de la culture, leurs dispositifs et leur économie, leurs modes de circulation et de diffusion, sont prises en compte. En tant qu’art visuel, le design, contient une puissance spécifique de transformation dans ces rapports, par sa vivacité conceptuelle, technique ou économique. Les crises ou les mutations économiques (de la production, du travail) dessinent des rôles nouveaux pour les créateurs ; les moyens informatiques et les outillages numériques offrent de nouveaux cheminements à l’acte créatif, des combinaisons jusqu’alors méconnues. Dans ces structures de travail, l’acte artistique devient souvent une affaire collective, et les arts, pour s’organiser, y développent une inventivité qui déjoue la critique classique du travail segmenté. Cette juxtaposition du travail induit des relations d’interdépendance, de coopération ou de conflit, qui ne se situent pas pour autant dans une hiérarchie organisée. Ces formes transversales suscitent sans cesse de nouveaux métiers, de nouvelles identités pour le créateur et, corrélativement, par voie de conséquence, un redécoupage des frontières entre les disciplines existantes. Travailler au collectif sans rien céder sur l’originalité ni son point de vue est devenu un enjeu majeur pour tous les créateurs.
 

C’est à partir de ces nécessités contemporaines que l’enseignement du design à l’école des beaux-arts de Bordeaux trouve son sens. Il s’appuie sur un principe général où le design est appréhendé en tant qu’art visuel dans une approche anthropologique et sociale.

 

Il se réfère aux orientations conceptuelles suivantes :

- Le design est un phénomène de masse.

C’est un art visuel qui exerce une attractivité importante, non seulement parce qu’il travaille à la production industrielle d’objets reproductibles, mais aussi parce qu’il met en forme des usages et des pratiques, des échanges et de la communication, dans l’environnement domestique et dans l’espace public.  « Comme expression de la créativité sociale » selon les termes du théoricien italien Julio Carlo ARGAN, le design propose des formes de sociabilité.  En ce sens il n‘y a de design que social. L’adresse à l’autre, l’usager, est une donnée intrinsèque qui motive et valide la production, dans une relation avec un utilisateur projeté.

Dans le monde entier, on assiste à un même mouvement d’une démocratisation du design - à travers une recherche accrue de formes contemporaines pour les objets, les situations construites et les productions visuelles et dans le désir de nombreux créateurs à participer à cette mise en valeur du monde.

En d’autres termes nous assistons à une poussée d’expression de la créativité sociale qui passe par ce choix de design. Face aux grands mouvements de civilisation (industriel, numérique…), le design permet d’entrer dans la culture, de produire des formes pour un monde acceptable.

 

- Le design est une démarche de projet

Actuellement, les pratiques ont évolué. Le designer s’est affirmé comme auteur. Ses recherches dans lesquelles la notion d’utile et donc de destination d’une production reste prépondérante se fondent sur la méthode de projet.

Dans ce cadre, les objets sont conçus en tant que systèmes ouverts, non définitifs et pensés en termes de relations. La tâche du designer intègre la complexité et l’hétérogène dans une approche pluridisciplinaire où il met en jeu sa capacité à traduire les fonctions d’usage et les transformations d’une société, technologiques ou sociales, pour les rendre appropriables et communicables. La méthode du projet, établie dans et avec l’industrie au cours du 20ème siècle, s’est modélisée permettant à l’approche sensible du designer d’opérer dans des situations nouvelles faisant de « l’artiste dans l’industrie » un modèle d’action transférable. 

L’inscription d’une orientation design dans l’enseignement développé par le réseau des écoles supérieurs des beaux arts en France trouve alors tout son sens et son identité parmi le reste des offres. 

 

- Le design est une démarche d’invention

Le design soutient le dessein d’une société dans ses fondements politiques, sociaux et économiques en développant des hypothèses et des scénarios qui explorent un imaginaire et des inventions. Plus que jamais le design s’engage dans des recherches, sources d’innovations. Conduites plus librement quant à leur faisabilité, dégagées d’une rentabilité à très court terme, elles s’appuient sur un « droit de rêver » sur les matériaux, les techniques, les usages à l’appui d’un savoir sensible et esthétique pouvant révéler des potentiels cachés.

 

- Le design est une démarche d’accessibilité et d’appropriation.

Dans un monde mutagène, où les nouvelles technologies engendrent de nouveaux outils ou matériaux, où la contraction du temps et de l’espace provoque des coexistences inattendues, le design assume une fonction d’appropriation, de traduction et d’articulation qui donne accès , c’est-à-dire qui rend possible l’expérience du nouveau qui se présente. Dans une relation anthropologique, le design opère un travail de culture. Il donne du sens, met en forme des rites qui permettent des échanges et la possibilité de s’y reconnaître.

Le design est un champ de production très vaste et très divers, qui peut laisser supposer que « tout est design ». Il est donc d’autant plus nécessaire d’être attentif à la qualité des réflexions et des propositions qui vont se construire, qui relèvent d’un champ spécialisé avec ses designers, ses producteurs, ses fabricants industriels ou autres, ses diffuseurs, ses commanditaires et ses utilisateurs.

 

L’enjeu primordial de la formation est donc de donner aux étudiants des savoirs et des méthodes qui leur permettent de s’engager dans des processus d’invention de manière responsable et conscients des enjeux sociaux de l’environnement dans lequel ils agissent. En effet, comprendre une démarche, analyser une forme, élaborer une lecture critique, développer sa lecture visuelle sont des enjeux toujours plus forts dans une organisation démocratique où chacun est concerné, interrogé et souvent consulté sur ce qui se met en place dans le territoire.

C’est pourquoi l’enseignement du design à l’école supérieure d’art de Bordeaux se fonde sur deux principes fondamentaux :

- Une approche généraliste et transdisciplinaire. Les enseignements partagés que sont la sociologie, la philosophie, l’histoire de l’art et du design, histoire du graphisme, le champ juridique de la propriété intellectuelle visent à saisir le versant anthropologique du design et la place qu’il occupe dans l’ensemble des arts visuels (art, architecture, design).

- Une approche spécifique qui forme aux outils de représentation, de communication et de réalisation des projets où les techniques et les modes de production, industriels ou non, sont expérimentés. Selon la nature des projets de recherche et des projets de l’étudiant, les différents domaines du design sont abordés que ce soit le graphisme, la scénographie intérieure ou urbaine, le numérique, le service…

 

Les champs de recherches en design           

A l’appui de ce constat, qui trouve sa pertinence dans le contexte social économique et politique des métropoles contemporaines, le master design développe ses recherches sous le thème général de Fabrications publiques .

Les trois axes principaux sont :

- La fabrication de l’espace urbain, ses formes et ses images.

- La fabrication d’un environnement, ses matériaux et ses territoires.

- Circulations : le design graphique et édition

Construire un monde habitable (accessible et appropriable) est un enjeu majeur dans le développement de la métropole. De par sa capacité à travailler à partir d’objets mobiles, réversibles et transformables qui ne relèvent pas d’infrastructures lourdes, mais de partis pris scénographiques temporaires, le design occupe une place singulière. Le traitement de l’information, son accessibilité, les services, les aménagements et la conception d’objets, graphiques et autres, relèvent de sa compétence. Les situations urbaines et paysagères, dans une connexion et une interpénétration de plus en plus présentes, sont un creuset d’expériences dans lequel le designer peut intervenir à une échelle microscopique d’un objet, d’un signe, d’une interface pour travailler à la conception d’un intérieur métropolitain. Ce qu’en d’autres termes, on nomme design territorial. Il se développe dans la proximité du circuit de production et sur la connaissance fine d’un milieu et de son écosystème. Une approche pluridisciplinaire dans des laboratoires de recherche dans lesquels sont associées des Écoles de formations différentes permet des inventions prospectives dans les réflexions que mènent les gestionnaires de l’espace public, ceux de l’espace privé ou des projets du graphisme et d’édition tout en initiant une nouvelle génération de créateurs.

Fabrications publiques & circulations engage des actions publiques et/ou privés à travers des objets, des micros constructions et des signes graphiques insérés dans des lieux choisis. Ce programme s'inscrit ses contributions dans les deux laboratoires de recherche de l’EBABX, PUBLICA©TION et MAKING IS KNOWING.