[Grande Conférence #3] Dawn Lundy Martin

Dawn Lundy Martin
15 janvier 2019 à 18h00

Lecture
dans le cadre du cycle des Grandes Conférences de l’EBABX

mardi 15 janvier 2019
à 18h00, Hall Vitez, tnba
Place Renaudel, Square Dom Bedos, 33032 Bordeaux
• entrée libre


Grande Conférence #3, sur une invitation de l’EBABX Ecole supérieure des Beaux-Arts de Bordeaux à l’occasion de la sortie de la traduction de l’ouvrage Discipline de Dawn Lundy Martin (Joca Seria, 2019), traduit par Benoît Berthelier, Maël Guesdon et Marie de Quatrebarbes.


Dawn Lundy Martin est poète, essayiste et vidéaste américaine.


Présentation de l’éditeur :
« Il faudrait un texte médical qui détermine ce qui marche dans le corps et ce qui ne marche pas afin de savoir qui est vivant et qui est mort. On sait toujours tout. » Au contraire d’un illusoire traité qui promettrait mille et une réponses, Discipline est le manuel poétique qui ouvre les corps aux regards inquiets. Marcher et savoir : les corps portés par ces poèmes marchent mal ; pris au leurre de leur intégrité, ils ne savent pas grand-chose d’eux-mêmes. Or ces corps, ceux des femmes ou des hommes, des mères ou des pères, ces corps noirs effacés à dessein ou ceux filtrés par les écrans, sont abîmés et meurtris, parfois méconnaissables. Le corps est une fiction, il se façonne. Qui, alors, est à la manœuvre, est-ce le corps social et politique pour qui celui de l’individu doit être contenu ? Là est l’enjeu de l’ « histoire vide » réclamée dans le coda : Discipline est un livre qui décontenance les corps, les ouvre, les vide et les redistribue.  On urine, défèque, pleure, vomit : si cela paraît d’abord honteux, c’est aussi une forme de résistance, une façon de ne pas se tenir à la place assignée. La procession des corps se fait certes dans la douleur promise par le titre, punitions et châtiments. Mais il y a au cœur du mot discipline la racine latine discere, apprendre comme l’élève ou le disciple apprend. C’est aussi le sens que retient Dawn Lundy Martin, contre l’oppression des êtres et l’idée d’un savoir absolu. L’écriture est discipline car elle est un apprentissage toujours recommencé, un travail de la langue, un doute renouvelé. « Il y a des corps plein les arbres – on le sait » : la discipline, c’est de pouvoir continuer à écrire en sachant cela, en sale connaissance de cause. La discipline, ce n’est pas ici le « je vais vous apprendre » du père fouettard ; c’est bien au contraire la poésie qui « nous apprend ». Nous, à la fois objet et destination, rêve et possibilité d’un corps sain.


Biographie :
Poète, essayiste et vidéaste, Dawn Lundy Martin a publié quatre livres :

  • Good Stock Strange Blood (Coffee House, 2017),
  • Life in a Box is a Pretty Life (Nightboat Books, 2015),
  • DISCIPLINE (Nightboat Books, 2011) et
  • A Gathering of Matter / A Matter of Gathering (University of Georgia Press, 2007).
    Avec Erica Hunt, elle a publié le volume collectif Letters to the Future: BLACK WOMEN / Radical WRITING (Kore Press, 2018).
    Ses textes et essais ont paru dans The New Yorker, Harper's, n+1, entre autres. Dawn Lundy Martin est professeure de littérature à l’Université de Pittsburgh dont elle co-dirige le Center for African American Poetry and Poetics.

     

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