Historique de la formation

Historique de la formation
Historique de la formation© Yannick Lavigne

Si Michel de Montaigne a devancé la France d’un siècle en créant à Bordeaux une école des Beaux-Arts à la façon de l’Académie de Florence en 1584, ce n’est que deux siècles plus tard qu’un certain nombre d’amateurs et d’artistes fondent une nouvelle « Académie de Peinture, Sculpture et Architecture civile et navale ». La noble Académie et l’école municipale de dessin pour les ouvriers (du secteur naval) ont fusionné après la révolution, en annexant le Lycée consulaire d’abord (1802), en s’associant au Musée plus tard, puis en établissant un enseignement des Beaux-Arts et des arts décoratifs (depuis 1889). À la différence des institutions parisiennes, cet enseignement fonctionnait sans conflits dans les contenus pédagogiques et les objectifs professionnels, en associant l’art académique et les arts décoratifs. En 1970, en fonction de nouvelles directives au niveau national, l’Architecture se sépare des Beaux-Arts. L’École des Beaux-Arts inscrit dans son histoire les perspectives des arts décoratifs et des arts graphiques.

L’École des Beaux-Arts de Bordeaux a une longue histoire du côté des arts industriels et décoratifs. Certains de ses directeurs, aux XVIIIe et XIXe siècles, ont eu des initiatives visionnaires en relation avec un idéal néoclassique de diffusion des arts à travers les arts industriels. La gravure et ensuite la lithographie, dans leurs expériences d’édition des modèles classiques, ont permis de développer l’impression sur céramique, les tapisseries, l’édition de livres et autres expérimentations, aux côtés d’entrepreneurs industriels et d’amateurs d’art de la ville de Bordeaux. Plus tard, dans ce même mouvement d’intérêt, une collection de la grande industrie française des images reproductibles du XIXe siècle et la collection d’oeuvres d’art en photogravure Goupil, sont arrivées à Bordeaux. Elles ont été collectionnées, cataloguées et ordonnées, exposées et diffusées au sein du Musée d’Aquitaine et elles voyagent à travers le monde. La culture pop y fait référence (design graphique et édition, musique, image et nouveaux médias) pour plusieurs générations d’artistes et de designers, appuyés par le contexte spécifique du festival SIGMA de 1965 à 1990. La diffusion, la publication sont de véritables territoires de recherche théorique et critique, artistique et pédagogique en art et en design.

Le passage vers l’harmonisation européenne des écoles supérieures d’art françaises commencé en 2010 prend tout son sens, aujourd’hui, dans un monde mobile et globalisé. Point de départ d’une transformation profonde pour les écoles d’art, son impact s’est décuplé, car il s’accompagne d’une mutation sociétale de l’Occident et du monde sans précédent.
Le tournant numérique du XXe siècle n’est plus une abstraction et ses répercussions naissantes en ce début de XXIe siècle bousculent nos valeurs et nous placent face à des transformations inédites. Aux ruptures artistiques et académiques qu’ont connues nos établissements durant les années 70 et 80, font jour une autre césure et la nécessité d’imaginer un nouveau modèle d’enseignement. 

En s’appuyant sur son histoire et sur ses forces, l’EBABX propose un projet pédagogique prospectif, qui ouvre au renouvellement. La réussite du modèle des décennies précédentes reposait sur la place donnée à l’art et à l’artiste au coeur de la pédagogie caractérisée aujourd’hui dans les écoles autour des notions de recherche individuelle, d’expérimentation et de décloisonnement des pratiques. 

L’école intègre des dimensions de recherche, de professionnalisation et d’internationalisation dont la nature et la portée ont changé significativement depuis quelques années. Aujourd’hui, de nouvelles compétences émergent, d’autres formes de transmissions se développent, des relations inédites s’envisagent et se multiplient. 

L’EBABX en est le creuset, le cadre et en porte résolument le développement dans une diversité d’agencements. 

Directeurs de l'EBABX ces dernières années : 
Dominique Pasqualini : 2016 - 
Sonia Criton : 2013-2016
Guadalupe Echevarria : 1991-2013