Archives vivantes et recherches indisciplinaires

Archives vivantes SIGMA couverture
Editions des Journées d'études 

JOURNÉES D'ÉTUDE
ARCHIVES VIVANTES, RECHERCHES INDISCIPLINAIRES
19 et 20 juin 2014

Créé à Bordeaux en 1965, le festival Sigma s'est aussi appelé, à ses débuts, « semaine de recherche et d'action culturelle ». La recherche autant que l'expérimentation étaient ainsi placées au cœur d'une manifestation artistique.
En « prenant » la ville de Bordeaux, Sigma a également modifié les comportements et les discours qui façonnent le champ de l'art. Aventure collective, il a laissé derrière lui des archives qui ne demandent qu'à être réanimées : brûlots à décrypter, à transmettre. Nées du désordre, de la discorde, l'archive comme la recherche affirment qu'il n'y a pas de coordonnées exactes, que celles-ci sont à inventer. C'est de cette manière que l'EBABX, pendant trois ans, s'est emparée de l'héritage Sigma. Quelques formes et enjeux fondamentaux en ont émergé : l'intensité des expériences relatées et dès lors réappropriables, la disparition définitive des séparations entre les formes d'expression et les genres, la mise en question systématique de la figure du modèle et de l'autorité, la déprise temporelle (l'éphémère, le discontinu puisque le festival s'oppose aux récits linéaires) et enfin l'adresse au public (participation, outrage, appel et provocations). Ces questions dessinent la singularité des rapports qu'une école d'art entretient avec le savoir. En réconciliant les pratiques expérimentales, théoriques et poétiques, qui sont celles que les artistes et designers déploient ou ont déployées dans l'histoire de la modernité ; et en appréhendant l'asymétrie, l'instabilité du monde dans lequel ces mêmes pratiques sont amenées à s'établir, les écoles d'art produisent un espace de réflexion inédit. Cet espace est évidemment politique : la construction d'un discours critique doit non seulement s'arrimer au réel mais aussi rendre compte des conflits qui le traversent.

Dans la lignée de la recherche autour de Sigma, ces journées d'étude organisées par l'École d'enseignement supérieur d'art de Bordeaux ont été consacrées à la singularité de ces discours critiques. Le savoir ainsi mis au jour relève, selon les mots de Jacques Rancière, d'une « perpétuelle impropriété ». Il s'agit moins de programmes à établir que d'énergies à restituer : tenir devant les renversements de ces nouveaux paradigmes permettra de saisir ce qui pour nous peut encore constituer un espace politique valable et viable, attaché à la question de la production artistique, de l'actualité, de la théorie.
Cette dimension politique est au cœur de ces journées d'études, qui ont mêlées conférences, discussions et diffusion immédiate, ce à travers une plateforme éditoriale spécialement créée pour l'occasion.

 

avec
Pierre Baumann, artiste, maître de conférences, Université Bordeaux Montaigne.
Antonia Birnbaum, philosophe, maître de conférences, Université Paris VIII.
Tim Ivison, artiste, London Consortium, Londres.
Jerszy Seymour, designer, Dirty Art Department, Sandberg Institute, Amsterdam.

* Pierre Baumann, Réplique / Fiction juridique
* Tim Ivison, Towards a Topology of Practices: a Working paper on Position and Composition
* Antonia Birnbaum, Exagérons ! De l'industrie culturelle à l'art
* Jerzy Seymour, Hello Sweet Art!

Conception graphique : Christian Vannier
Impression numérique - EBABX - 2014

Éditeur
EBABX
Catégorie
Étiquettes