du mercredi 25 au samedi 28 mars 2026
[EXPOSITION] Printemps décolonial de Bordeaux
La prochaine fois le feu,
une proposition des étudiant·es du séminaire Out_in, Master Design, galerie des plâtres ebabx, de 10h à 18h
+ mercredi 25 mars 2026 à 17h, amphi de l'ebabx
7 rue des beaux-arts, CS 72010, 33088 Bordeaux Cedex
[Conférence inaugurale] dans le cadre du Printemps décolonial de Bordeaux
En 1963, James Baldwin concluait par ces phrases son célèbre livre intitulé « The Fire Next Time » (traduit par « La prochaine fois, le feu ») : « Il nous faut agir maintenant comme si tout dépendait de nous – faire autrement serait un crime. Si nous nous montrons dignes (…) – peut-être la poignée que nous sommes pourra-t-elle mettre fin au cauchemar racial (…). Si nous n’avons pas, et dès aujourd’hui, toutes les audaces, l’accomplissement de cette prophétie, reprise de la Bible, dans une chanson écrite par un esclave, est sur nos têtes :
Et Dieu dit à Noé,
ois l’arc en ciel bleu
L’eau ne tombera plus Il me reste le feu… »
Les problèmes analysés dès 1963 par James Baldwin semblent encore bien réels. Il considère l’anxiété, l’individualisme, l’arrivisme social, la cruauté humaine mais également la volonté de modération, de tolérance et les tentatives d’apaisement. Et c’est forts de ses mots que nous entreprenons, dans le cadre d’un Printemps décolonial pensé comme un (r)éveil des consciences , de restituer les recherches et rencontres menées par l’école supérieure des beaux-arts de Bordeaux et notamment dans le cadre du séminaire du master design « Out_In » et du programme Inter_cycles. Depuis trois ans en effet, le séminaire Out_In s'intéresse aux questions associées à la restitution des oeuvres coloniales pillées, à leur identité d'objets orphelins, et plus largement aux formes de domination et d'autorité qui traversent la société contemporaine. Cette année, la thématique de travail s’intitule « Occultations questions traces et formes. Un monument de papier ».
Après un déplacement à l’AfricaMuseum de Bruxelles² en novembre 2025, les étudiant·es ont mené un certain nombre d’enquêtes autour d’objets et de situations problématiques telles que le « digital black face », la représentation des personnages racisés dans l'édition jeunesse, les catégorisations eurocentrées comme celle d' « asiatique », les difficultés rencontrées dans la restitution des objets coloniaux pillés, la façon dont se met en place une pédagogie (par exemple avec le jeu vidéo) et surtout notre légitimité pour aborder ces sujets en se demandant, toujours, quelles réalités et quelles violences ces objets et ces situations occultent-ils ?
Cette exposition accueillera des travaux individuels et collectifs d’étudiant·es, les restitutions des recherches menées les années précédentes sous forme d’éditions imprimée et vidéographique, et aussi une sélection de productions plastiques conduites par d’ancien·nes étudiant·es de l’école invité·es à nous rejoindre pour témoigner de la force de ces mobilisations.
------------------------1« Les rencontres décoloniales du printemps 2026 s’inscrivent dans une réflexion sur la colonialité, c’est-à-dire sur les traces et les survivances du colonial dans notre environnement matériel et humain. Elles visent à proposer un espace de réflexion et d’action combative, ouvert à toutes les disciplines, pour repenser et transformer nos espaces publics, nos représentations et nos imaginaires. » (extrait du programme du Printemps décolonial).
------------------------2 L’origine de l’AfricaMuseum, ou Musée Royal d’Afrique Centrale de Tervuren, remonte à l’exposition universelle de Bruxelles de 1897 ; il a été créé sous l’impulsion du roi Léopold II.
