Récupérathèque

© iso.ebabx
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  • Mise en place d’une récupérathèque au sein de l’ebabx et concrétisation du projet

Une récupérathèque est un espace clairement identifié, géré collectivement par des étudiants, appuyés par des personnels de l’école et membres de la fédération des récupérathèques (fdr). Cet espace est destiné au tri, au stockage voire à la transformation de matériaux provenant d’une part, du flux utilisé par les étudiants au cours de travaux et d’autre part, de collectes spécifiques au sein de structures partenaires.

L’organisation repose tout d’abord sur l’échange de services pour le fonctionnement et le dépôt de matériaux, matériaux dont la valeur est quantifiée à l’aide d’une charte. Ensuite, ces aides et ces legs donnent lieu à un crédit en monnaie locale (non convertible en euros). Ce crédit permet enfin d’avoir accès à des matériaux du stock de la récupérathèque pour sa pratique, ses expérimentations et ses productions dans les champs de l’art et du design.
 

  • Le développement d’une récupérathèque : un espace et des étudiants mobilisés

L’envie de mettre en place une récupérathèque au sein de l’école supérieure des beaux-arts de Bordeaux date de plusieurs années et semble trouver son point de départ face à la grande quantité de matériaux réemployables qui part en déchetterie chaque fin d’année faute d’un lieu et de processus ancrés en faveur du réemploi.

En 2019, des étudiants partent à Lyon aux rencontres officielles annuelles des récupérathèques (roar). En 2020, le manque de place pour un lieu dédié est identifié comme un facteur entravant ce projet. Il est proposé par l’établissement et ceci par le biais d'un financement de la CVEC, Service de la Vie Etudiante : installation de cette récupérathèque dans deux conteneurs de transport en fin de vie devant l’école. En 2021, un groupe d’étudiants, un technicien et un enseignant en design se regroupent pour penser l’arrivée des conteneurs en avril, l’aménagement de l’espace et projeter dans un fonctionnement avec un bureau et des adhérents à la rentrée prochaine.
 

  • La sensibilisation à l’impact des matériaux dans les processus de création, un outil de proximité et des connexions en devenir

Dans le champ des arts et du design où il s’agit bien souvent de développer sa pensée par sa pratique du jeu des matières, leurs symboliques et leurs caractéristiques plastiques, une connaissance complémentaire du circuit et de l’empreinte de ces dernières s’avère intéressante. Leurs coûts, leurs provenances, leurs caractéristiques de « réemployabilité », leur degré de « recyclabilité », sont autant de données qui viennent souvent modifier, toujours étayer des prises de décisions chez les designers et artistes. Une forte attente, si le projet fonctionne et est porté avec dynamisme, réside dans le fait que cette récupérathèque et ses principes deviennent un centre de gravité pour la diffusion d’une culture des matériaux et de leur impact environnemental dans le champ de la création. L’écologie et l’économie supposées d’une récupérathèque en école d’art permettent de poser en amont des jalons pour des attentions et des actes au cœur des pratiques et des productions à courts, à moyens et à longs termes.


Une autre attente porte notamment sur le fait que cette récupérathèque devienne un outil supplémentaire de proximité au service de workshops nécessitant des matériaux spécifiques, gratuits, en quantité et reposant sur l’énergie collective, l’échange de services et la coopération des intelligences qu’une récupérathèque suggère :

- la mise en relation que suppose le glanage auprès de structures publiques, d’entreprises, d’associations ;
- les partenariats avec le monde de l’économie sociale et solidaire au sein du territoire métropolitain ;
- les échanges d’expériences avec d’autres collectifs travaillant dans ce champ. 

Les rencontres officielles annuelles de la fédération, les résidences de partage et de création de la fédération sont autant de possibilités que peuvent saisir les étudiants concernés pour construire des réflexions et des connexions au service de leurs itinéraires personnels et professionnels dans le champ de la création.

Financé par la cvec