[Le Pavillon] Le kairoscope

© Margot Gaches
© Margot Gaches
2021

Au rythme des cliquetis, des tics et des tacs, des rouages engrenés, prend vie une horloge singulière imaginée par l’artiste Margot Gaches. Elle l’appelle Kairoscope. Un poids actionne le mécanisme et met en rotation deux satellites, miroir et photographie qui, lorsqu’ils sont mis en regard, provoquent une mise en abyme des dimensions parallèles.

Au cours de sa résidence au Pavillon Résidence de création internationale portée par l’école supérieure des beaux-arts de Bordeaux, Margot Gaches a engagé une étroite collaboration avec Josiane Hospital, enseignante en horlogerie au Lycée professionnel Marcel Dassault à Mérignac pour donner vie au mécanisme.

Différent de celui d’une horloge qui donne le temps chronos de notre dimension, le temps kairos du « Kairoscope » n’est lisible qu’à l’instant T. L’artefact use de trois dimensions : la première est le temps, qui actionne le mécanisme de mise en abyme comme il permet à la lumière de sensibiliser la pellicule et crée de fait une réplique du réel. La deuxième est tout simplement la photographie, objet en rotation, fenêtre sur un autre monde. La troisième est sa réflexion dans le miroir.


Le kairoscope, une pièce horlogère unique à la minutie mesurée 

Récupération de roues et pignons, taillage de pièces manquantes, adaptations des axes… Plusieurs semaines de travail ont été nécessaires pour tourner des pivots, monter démonter remonter, afin de créer le mécanisme prototype imaginé par Josiane Hospital. 


Une véritable collaboration pour une œuvre conçue et imaginée par Margot Gaches et réalisée avec le savoir-faire et l'ingéniosité de Josiane Hospital et de Antoine Denjean (enseignants horlogers).

Il faut de la minutie, de la patience et de la passion pour faire un horloger. Il en faut d’autant plus quand le fruit du travail est une horloge si particulière car il faut sans cesse faire évoluer les plans, et s’adapter. La démarche est empirique.

Chaque geste a sa conséquence, c’est avant tout cette collaboration précieuse que Margot Gaches valorise et met en lumière la transmission de ce savoir-faire prestigieux. 

Le lycée professionnel Marcel Dassault est en effet l’un des rares lycées en France à enseigner l’horlogerie et ce, depuis les années 70. On y apprend les techniques et les gestes professionnels à l’aide d’outils et de matériels spécifiques. 

« Au cours de mes sessions de travail au lycée, j’ai eu le plaisir de rencontrer quelques élèves qui m’ont accueillie avec beaucoup de curiosité et d’enthousiasme. Certains, étaient forces de propositions, et d’autres ont soumis à l’étude de leur enseignante des alternatives possibles au mécanisme qu’elle a imaginé pour répondre aux contraintes de mon projet. »

« J’ai eu la chance de tomber sur deux personnes absolument passionnées par leur travail tant d’horloger que de transmetteur. Enseigner c’est le projet d’une vie et l’un comme l’autre l’ont compris et font de la section horlogerie du Lycée un lieu où il fait bon apprendre. » 

 Le Kairoscope sera exposé très prochainement au Château d’Arsac (en partenariat avec Mécènart), à l’occasion de l’exposition de fin de résidence “...des mondes, d’ailleurs” des 3 artistes Margot Gaches, Vincent Dumilieu et Sophie Keraudren-Hartenberger du 24 juin au 15 septembre 2021. 

En complément à ses missions et formations d’enseignement supérieur, l’ebabx école supérieure des beaux-arts de Bordeaux accueille Le Pavillon Résidence de création internationale, qui, durant neuf fois, sous la direction d’Ange Leccia, accompagne trois artistes émergents internationaux. 

Les pièces inédites conçues spécialement pour l’occasion sont disséminées non pas dans le jardin sculptural qui fait la renommée artistique du château d’Arsac, mais également pour une déambulation dans le chai, le cuvier, ou encore dans l’ancienne écurie du château ou les allées du jardin. 


Margot Gaches, artiste visuelle, diplômée des Beaux-Arts de Nantes en 2016.

Par le biais de la fiction, Margot Gaches s’interroge sur la notion de trace : traces temporelles et spatiales, résidus de phénomènes artistiques, scientifiques ou surnaturels. Dans sa démarche, fantômes ou dimensions parallèles se côtoient en divers espaces-temps et entrent en dialogue grâce aux images qu’elle déploie. Le froid, l’eau, la neige permettent dans sa réflexion l’effacement des repères afin de rendre possible l’expérience des mondes parallèles. Paysages désertiques ou mégalopoles-fourmilières sont autant de lieux d’exploration qui lui permettent d’interroger la mémoire individuelle et collective, passée ou future, fiction ou science-fiction.
 

Projet soutenu par la DRAC Occitanie, le Lycée professionnel Marcel Dassault, l’entreprise Saint-Gobain et l’ebabx école supérieure des beaux-arts de Bordeaux.

 

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